• « Parlez-moi de mode ! » avec Christian Schiaretti, homme de Théâtre

    PAR: Karim BELKACEM 

    L’Université de la Mode accueille un grand homme de théâtre, metteur en scène et directeur du TNP de Villeurbanne. A cette occasion, il nous parle de sa relation avec l’univers de la mode, en répondant à des questions du journaliste Jean-Christophe Galeazzi et des étudiants du master 2 Mode et Création.

    Photo: leprogres.frPhoto : www.leprogres.fr

    Invité pour discuter de sa vision de la mode au sens le plus large du terme, de la mode dans le théâtre à la théâtralisation de la mode, Martine Villelongue débute la conférence en brossant un portrait de l’homme Christian Schiaretti. Un portrait qu’il souhaite compléter de manière plus personnelle. Issu d’un milieu populaire et très modeste, Christian Schiaretti s’intéresse dans un premier temps à la littérature et à la philosophie qu’il étudie à Vincennes. Par la suite il décroche un petit boulot de coursier au Festival d’Automne qui lui fit découvrir le monde du théâtre et les personnalités qui s’y rattachent. C’est de cette manière que l’homme de théâtre est né. Après différents petits boulots, il devient acteur mais n’étant pas à l’aise avec la vision mercantile que cela pouvait avoir, il travaille dans un premier temps pour le théâtre de Montreuil, où il a pu suivre une formation, avant d’être nommé metteur en scène et directeur de la maison TNP en 2002.

    De son point de vue d’expert et de professionnel, le théâtre est avant toute chose un langage, une littérature, une musicalité, une force verbale. Il est convaincu par les échanges et la convivialité que le Théâtre instaure entre l’écrit, la mise en scène, les comédiens et les spectateurs. Mettre en scène, c’est avant tout ‘’porter le texte, le valoriser et le diffuser au plus grand nombre’’ selon ses propres termes, il faut se soucier de faire vivre les œuvres et non de les traduire. Dans son travail, il attache un point d’honneur à la gaieté et à la sensualité. ‘’Le courage se méfie de la plainte’’ dit-il.

    Lorsqu’il répond à l’invitation de l’Université de la Mode, il a tout de suite pensé ‘’garde robe’’. Il est lui-même un homme coquet faisant attention à son image, à son apparence, prônant un style élégant, luxurieux mais pas oppressif. La mode est selon lui un air du temps et ‘’un souci dans un sens délicat, celui du 17ème, comme quand un homme disait à la femme qu’il aimait qu’elle était son souci’’. Afin de mettre en image les différentes facettes stylistiques du personnage, Alain Boix, directeur d’Esmod, le dépeint à travers différentes silhouettes en suivant ces propos. Selon Schiaretti, la mode se démode, tout comme le théâtre, si on regarde d’anciennes pièces on peut trouver la mise en scène totalement ringarde de nos jours. C’est ce qu’il essaie de combattre, ne pas mettre en scène en fonction des tendances mais bel et bien du texte et du message que l’auteur souhaite transmettre.

    A la question, y’a-t-il un c« Parlez-moi de mode ! » avec Christian Schiaretti, homme de Théâtreode vestimentaire des hommes du théâtre, il répond par l’affirmatif même si chaque personne porte sa propre personnalité. De manière générale, on retrouve le jean, la chemise en lin dont les manches sont retroussées pour montrer qu’ils sont aux labeurs comme si un soupçon, un doute subsistait. Les lunettes sont également souvent présentes pour montrer l’homme de lettres, le lecteur.

    A la fin de la conférence, les étudiants du master 2, ont proposé des jeux créatifs tournés autour de la mode et du look. Le premier jeu consistait à peindre le portrait actuel, de Jean Racine, dramaturge et poète français du 17ème siècle et de Juliette Capulet, personnage de la pièce Roméo et Juliette de William Shakespeare. Tout en buvant les paroles de Christian, deux étudiantes croquaient les deux silhouettes. D’après Christian Schiaretti, Jean Racine porterait de nos jours, ‘’un costume deux pièces, bien coupé et élégant, avec une chemise blanche sous un pull ras du cou, les cheveux courts et peignés et une écharpe en cachemire ou laine d’écosse’’. Juliette Capulet, serait une fille de bonne famille, élégante, une jupe plissée, un pull col V et des talons mi-hauts, ’une fille rangée mais pas trop’.

    Questionné pour conclure sur son processus créatif, il répond qu’il n’est pas inspiré mais aspiré. Le théâtre n’est pas un lieu de performance à l’instar de la mode qui peut se le permettre. Une représentation est le fruit d’un dur labeur où chaque protagoniste, acteur, comédien, costumier apporte son propre point de vue. Le texte est capable d’évoluer lors des répétitions comme une collection lors du processus d’ajustement, notamment en ce qui concerne les costumes où il déclare ‘’qu’il est plus important d’enlever que de ne pas mettre’’, tout en avouant que les metteurs en scène ne sont pas forcément friands de costumes.

    Photo Twitter @TNP_theatre 


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