• Le cas de la petite veste noire

    Alors qu’elle parcourt le monde depuis le mois d’avril, l’emblème de la maison Chanel a dévoilé toutes ses facettes aux visiteurs du Grand Palais, à travers une exposition photographique composée à quatre mains par Karl Lagerfeld et Carine Roitfeld. Elle finit actuellement son voyage en Asie, où elle est visible à Séoul.

     

     

    Le cas de la petite veste noire

    Beaucoup de gens connaissent Karl Lagerfeld, costume noir et lavallière blanche, lunettes de soleil et petit catogan, grand gourou du bon goût Chanel. Mais peu de gens connaissent Karl Lagerfeld photographe, shootant lui-même les campagnes de la maison du 31 de la rue Cambon, à coups de déclencheur Hasselblad (la Ferrari des appareils photo!). Et c'est évidemment en noir et blanc que Karl choisit souvent de s'exprimer.

     

    Après New York et Londres, la petite veste noire investit aujourd'hui le Grand Palais, haut lieu des rendez-vous de présentation des collections Chanel. A l'origine, Gabrielle Chanel, fatiguée des corsets et autres crinolines qui l'empêchent de sortir des carcans de la Belle Epoque, crée pour elle-même une petite veste en tweed Écossais, pratique, chic et confortable. Une invention qui fait l'unanimité de son entourage et que la créatrice s'emploie alors à décliner, pierre angulaire du style en devenir de la maison, tel qu'on le redécouvrira au fil du temps et des défilés, chaque fois réinventé.   

      

     Le cas de la petite veste noire

      

    Plongé dans un espace sombre, le public averti ou non, découvre ou redécouvre ce basique, qui prend ici autant de visages qu'il y a de personnalités qui font la scène de la mode et de Chanel aujourd'hui. Autant de styles différents que Carine Roitfeld s'est employée à décliner à partir de cette fameuse petite veste noire, montrant autant de façon de la porter ;  princière sur Charlotte Casiraghi, birkinienne sur une Charlotte Gainsbourg enceinte, découpée et portée à même la peau tatouée du mannequin qui monte, Aymeline Valade, androgyne sur Alexander Wang, parisienne sur Inès de la Fressange, sage sur sa fille Nine d'Urso, encanaillée de panthère sur Kristen Dunst, piquante sur la créatrice de studio Chanel, casual sur Olivier Assayas, dandy sur Romain Duris, pulpeuse et british sur Georgia May Jagger...   

     Le cas de la petite veste noire

      

    Le cas de la petite veste noire

      

    Transgressive à souhait, bousculant toujours les codes, les photographes, amateurs ou non qui s'attendent à voir une galerie de grains argentiques bien encadrés vont être déçus ; les tirages sont des toilés bruts épinglés aux murs, qui donne à cette exposition une dimension brut de décoffrage, loin des clichés des papiers glacés.   

      

    Le cas de la petite veste noire

      

    Dans une deuxième salle moins fréquentée, le public peut découvrir avec surprise une série de triptyques bien loin des œuvres présentée auparavant ; Karl Lagerfeld y a réalisé des tableaux de verre, dans le pur style industriel et technique Pop Art. Intitulée « fire engraving » (littéralement, « gravée par le feu »), il s'agit de larges plaques de verre sur lesquelles les photos, allant de plans d'ensemble aux détails des portraits, sont gravées et recouvertes de peinture bleue, jaune ou rouge.   

      

    Le cas de la petite veste noire

      

    Herr Lagerfeld se révèle, à 70 ans passés, être un artiste toujours plus surprenant, dévoilant chaque fois une palette de créativité toujours plus large et innovante.

     

    A lire : « La Petite Veste noire. Un classique Chanel revisité » (éd. Steidl).

    En savoir plus? Rendez-vous sur : http://lapetitevestenoire.chanel.com

    Texte : Marlène Poppi

    Photos : Coralie Marmottan


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