• Interview Elia Pagliarino

    Elia Pagliarino

     

     

     

    Un atelier aux couleurs multiples, des oeuvres sur tous les murs, une lumière hivernale traversant la pièce, c'est dans une ambiance chaleureuse que nous avons rencontré l'artiste peintre, plasticienne, Elia Pagliarino.

    Son travail qui mêle finesse, couleurs et humour et à la fois intrigant et fascinant.

    Nous avons eu la chance de découvrir son univers captivant, interview d'une artiste singulière.

     

     

    Qui êtes-vous, pourquoi êtes vous devenue dessinatrice ?

    Je suis peintre plasticienne, le dessin est pour moi un besoin d'expression, il me permet de communiquer mes idées et de provoquer des réactions. Mon travail parle de ce qui nous entoure. Mes inspirations sont très diverses qui vont des contes pour enfants en passant par la littérature fantastique, la littérature du réalisme magique de Gabriel Garcia Marquez, l’univers des personnages de cirque, ou encore l'expression de certains réalisateurs de cinéma comme Almodovar.

     

    Que cherchez vous a dire à travers vos œuvres ?

    Toujours figuratives, elles représentent des personnages plus ou moins réalistes, mi-homme, mi-animaux. Ce que je cherche à représenter c'est une vision de l'humain sans à priori, le but étant de provoquer la curiosité et l'ouverture à l'autre.  Il ne faut  pas avoir peur des différences et ne pas juger sur les apparences. Tout nous rapproche, c'est notre humanité. C'est pourquoi mes dessins insistent beaucoup sur l'expression que je donne, que ce soit aux humains ou aux animaux.

     

    Pouvez-vous nous parler des pièces que vous avez choisies ?

    Il y a un premier dessin, qui s'appelle "Le Pouvoir de Dire Non", c'est une représentation d'un groupe d’adultes et d’enfants. Elle a été réalisée pour un événement autour du camp de Gurz, qui est un ancien camp de prisonniers de la seconde guerre mondiale. Ce camp a d'abord interné des prisonniers politiques espagnols puis des prisonniers d'origine juive, des communistes, des homosexuels destinés à partir dans les camps de concentrations allemands.

     

    Plutôt que de représenter tout l'aspect tragique de cette période j'ai voulu donner une note positive qui nous incite à refuser toute discrimination, quelle soit raciale, politique, culturelle etc. Je l'ai appelé « Le pouvoir de dire non », c’est aussi le titre du livre d’Aristide de Sousa Mendes, ce Juste parmi les nations qui, en 1940 à Bordeaux, a dit non au gouvernement pour délivrer des visas à toutes les personnes menacées souhaitant fuir la France.. Ce dessin a été primé lors du concours AskatasunArte « Depuis Gurs ». Il a été présenté avec d'autres oeuvres pendant 6 mois lors d'une exposition itinérante qui a fait plusieurs pays d'Europe.

     

    Le deuxième dessin s'appelle "Un pas de coté", plus léger dans sa démarche, nous retrouvons un personnage hybride, un corps humain avec une tête d'animal, une chouette. Ce personnage est gai, il se veut élégant dans son pas de danse, petit clin d'oeil humoristique. Au premier abord nous pouvons être désarçonné par l'association d'un corps d'homme et d’une tête animale, c'est justement ce que je cherche à faire à travers mes dessins - surprendre pour provoquer un questionnement.

     

    Le but n'étant pas de s'arrêter aux apparences mais d'avoir de l'empathie à travers le personnage. Entre l'humain et l'animal la frontière et souvent ténue.

     

    Vous pensez avoir un rapport avec la mode dans vos dessins?

    Je m'intéresse beaucoup à la mode dans ce qu'elle a de créatif et de décalé, hors du prêt-à-porter. Sur la façon dont je peux retranscrire la matière dans les dessins, la trame ses détails de broderies .

     

     

     

     

    Questionnaire de Proust

    1/ Un mot pour vous décrire : Enfantin

    2/ Votre voyage le plus marquant : La Thaïlande

    3/ La couleur que vous aimez : Toutes les couleurs

    4/ L’artiste qui vous inspire le plus : Frida Kahlo

    5/ Le pays ou vous aimeriez vivre : L'Amérique du sud

    6/ Ce que vous aimez le plus dans votre métier : La recherche

    7/ Votre plus grande utopie : De façon large, que l'on soit tous tolérant

    8/ Qu’évoque le mot frontière pour vous : Au premier abord, je vois la frontière comme quelque chose de négatif, quelques chose qui enferme les gens, qui provoque beaucoup d'incompréhension, de peur, de haine

    9/ La création pour vous c’est : La liberté

    10/ Une cause qui vous tient à cœur : L'entraide pour les plus faibles

    11/ Un proverbe : "Aux pays des aveugles, les borgnes sont rois"

     

     

    Nous souhaitons remercier Elia Pagliarino de nous avoir donné de son temps et d'avoir accepté de partager avec nous son savoir-faire. Nous vous donnons rendez-vous le 9 octobre à l'Université Lumière Lyon 2 lors du Colloque Mode et Frontières pour découvrir ses créations !

     

     

     

     Le Collectif 

     

     

     

     


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