• Entretien Adrian Blanc

    Adrian Blanc

    Notre première rencontre masculine s’est faite autour d’un café un matin de grand froid ! Notre discussion fut synonyme d’évasion et d’ouverture. Ce véritable citoyen du monde est à la fois souriant, bosseur et curieux. Nous sommes passés d’une interview à une réelle discussion qui s’avéra aussi drôle qu’enrichissante !

    Jeune designer inspiré par tout et pour tout : respectant l’artisanat, le savoir faire et la modernité, il nous a fait découvrir son univers et a levé une part de mystère sur ce que veut dire aujourd’hui être un designer.

    Se sentant chez lui n’importe où, son parcours définit pour lui sa manière de travailler.

    Nous vous invitons à le découvrir, dans un article aussi authentique que possible, bon voyage !

     

    Qui êtes-vous, pourquoi êtes vous devenu créateur ?

    J’ai eu la chance d’avoir des parents médecins dans l’humanitaire. Je les ai accompagné dans toutes leurs aventures. Je n’ai jamais ressenti la sensation d’être à l’étranger, ce sentiment d’appartenance quant à un territoire, de savoir si on est chez soi ou pas, cela n’a jamais été des questions que je me suis posé.  J’ai vécu en Amérique Latine, j’ai connu les Favelas, je me rends compte que c’est une chance aujourd’hui d’avoir vécu cela. J’ai ensuite bougé dans mes études. Paris puis Reims et j’ai finalisé mes études en Suisse.

    Puis je suis parti travailler un an dans une agence de Design à Pondichéry. Ce fut intéressant car il y  avait ce côté où tout était fait à la main. Là-bas on m’a expliqué que ça coutait plus cher d’acheter plutôt que de tout faire à la main, « vous pouvez vous amusez à perdre du temps à le faire ! ». 

    Et comme chaque bonne chose à une fin, je suis retourné en France où j’ai monté mon agence de design depuis déjà 3-4 ans. 

    J’aime énormément cette notion de territoire, où les choses se confrontent. Les notions d’industrie et d’artisanat par exemple ; toutes ces choses très technologiques mêlées à un certain savoir-faire pour arriver à les réaliser avec des artisans en petite série tout en proposant des prix attractifs.

    Je suis un auto-entrepreneur mais je ne suis pas un homme d’affaire, on m’appelle pour faire quelque chose ; je le fais. Je n’ai pas appris pendant mes études à faire le chef d’entreprise, j’ai appris sur le terrain. C’est dommage en design on a beaucoup d’auto entrepreneur, mais on ne nous a pas éduqué à le devenir, alors que c’est très intéressant d’avoir ces « doubles connaissances ».

    Pouvez-vous nous parler de votre travail?

    Dans notre métier, qui semble jeune  alors qu’il existe depuis 2000 ans, on ne nous comprend pas forcément ! On nous apprend à être des artistes ingénieurs et c’est compliqué d’expliquer cela à certains pays d’Europe. C’est plus facile de se faire comprendre en Angleterre ou en Italie par exemple.

    Moi, on m’appelle pour des prestations très ponctuelle, c’est très souvent des « one shot » il n’y a pas de notion de collection ou de récurrence.

    La plupart du temps si les gens dépensent de l’argent ils aiment le contrôler. J’aime qu’un client donne le plus d’informations possibles et un cahier des charges complet. Laisser libre court peut créer des frustrations à cause de mauvaises interprétations.  En négociant on peut parler de choses factuelles et donc ensuite bien faire le job !

    Aujourd’hui quand on achète on veut tous une pièce unique, pas chère, mais avec la qualité d’un produit industriel ! Le produit ne doit pas avoir d’erreur il doit être parfait pour un client impartial. 

    On ne prend plus de temps aujourd’hui  pour faire vieillir les choses par exemple. Il faut leur donner un aspect vieilli, usé mais qui ne s’use plus après l’achat. On nous demande des choses très compliquées à réaliser, mais c’est le jeu et on le fait !

    Je peux réaliser des projets en équipe j’aime mettre une grosse pression le premier jour que tout soit déjà presque prêt pour la prochaine réunion et que tout le monde trouve sa place ! Un bon produit en fait ça ne résulte pas des compétences individuelles de chacun mais de la dynamique de groupe et de la synergie !

     

    Entretien Adrian Blanc

     

    Questionnaire de Proust

    1/ Un mot pour vous décrire : Travailleur et créatif 

    2/ Votre voyage le plus marquant : je différencie les voyages des vacances. En voyage on va vers l’inconnu on découvre une culture. En voyage je dirais l’Inde. En vacances j’aime les road trip j’ai aimé faire Lyon-Istanbul en voiture !

    3/ La couleur que vous aimez : Je suis dans ma période bleue

    4/ Votre plus grande source d’inspiration : Mondrian, c’est le premier nom d’artiste que j’ai retenu petit !

    5/ Le pays ou vous aimeriez vivre : Les États-Unis, mais je me sens chez moi partout !

    6/ Ce que vous aimez le plus dans votre métier : les emmerdements  

    7/ Votre plus grande utopie : De réussir avec son métier !

    8/ Qu’évoque le mot frontière pour vous : C’est un sujet à lui tout seul, l’occasion de rapprocher les territoires, tous territoires confondus.

    9/ La création pour vous c’est : Interpréter ce qui nous entoure, en soit on ne créer pas on sait voir et s’inspirer de ce qu’il y a autour de nous.

    10/ Une cause qui vous tient à cœur : Au bout du compte tout nous tient à cœur, moi ce serait de créer des choses que tout le monde aiment, comprennent et qui rassemblent.

    11/ Un proverbe : L’artiste est quelqu’un qui n’a jamais résolu son problème avec le doute !

     

     

    Nous souhaitons remercier Adrian Blanc de nous avoir rencontrer et d’avoir prit le temps de nous expliquer tous les enjeux de son travail. Nous vous donnons rendez-vous le 9 octobre à l'Université Lumière Lyon 2 lors du Colloque Mode et Frontières pour découvrir ses créations !

     

    Le Collectif


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