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    PAR : Typhaine BEHIER 

    Vente Chanel VintageLundi 13 avril 2015 s’est tenue une vente aux enchères Chanel à l’hôtel Drouot à Paris. Ce dernier est la plus ancienne institution de vente publique au monde. La vente Chanel s’est déroulée sous le marteau du commissaire-priseur Rodolphe Tessier, travaillant pour le cabinet Tessier et Sarrou et c’est le cabinet Chombert & Sternbach chargé des expertises. Chombert et Sternbach est un cabinet spécialisé dans l'expertise de vêtements vintage, Haute Couture, maroquinerie, fourrures, etc. 

     

    Lors de cette vente, toutes les pièces emblématiques de la maison étaient présentées comme le tailleur en tweed, la veste gansée, le sautoir et le sac matelassé. De plus, nous retrouvons le camélia, la fleur fétiche de Gabrielle Chanel, aussi bien sur les vêtements que sur les accessoires. Ces pièces sont uniques et cette vente était un moment important pour les acheteurs pour faire des affaires. Elle est aussi l’occasion de se plonger dans l’univers emblématique de la célèbre maison de la rue Cambon. Il s’agissait également d’un voyage dans le temps plein de richesse et de diversité.

     

    Lors des expositions publiques précédant la vente, le samedi 11 avril toute la journée et le matin du 13 avril, il y avait une véritable effervescence où se mêlait collectionneurs, particuliers, marchands ou simple curieux. 440 lots étaient présentés, ce qui offrait aux acheteurs différents choix en plus des pièces emblématiques de la maison. En effet, on trouvait des vêtements, des sacs, des bijoux, des chaussures, des chapeaux mais aussi un ensemble de boules de pétanques signées de la maison. Les estimations oscillent entre 20 et 10 000 euros. Une vente accessible à tous. 

    Le catalogue de la vente. 


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    Les Minions et l’école anglaise Central Saint Martins ont invité 20 étudiant(e)s en mode du monde entier à réaliser une collection exclusive printemps-été 2015, pour le projet « Minions Collective ».

     

    PAR: Cécile CLAUDEL  

    Minions Collective à la Central Saint MartinsLa collection printemps-été 2015 la plus cool et inattendue vient d’arriver ! A l’occasion de la sortie du long-métrage d’animation dédié aux petits bonhommes jaunes, les Minions et la Saint Martin’s School de Londres ont invité 20 élèves (dont deux Françaises) à réaliser des silhouettes autour de l’univers du film, pour le projet « Minions Collective ».

    Durant plusieurs semaines, les étudiant(e)s de la Foundation Fashion & Textiles from University of the Arts London, se sont donc inspiré(e)s de Kévin, Stuart, Bob et tous leurs amis, afin de créer une pièce spectaculaire, portée par des danseurs pour être encore mieux mise en valeur.

    D’après l’une des participants, le plus intéressant dans ce projet, c’est de voir comment chaque styliste s’y prend de manière artistique différente, avec leur propre style, en partant de la même inspiration.

    Parmi les travaux réalisés, voici quelques photos de cette leçon de fun et d’art que nous offre la collaboration des Minions et de la Saint Martin’s School :

    Minions Collective à la Central Saint Martins

    Minions Collective à la Central Saint Martins

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le travail de Fredrik-Tjaerandsen, de Bodo, en Norvège                        La réalisation de George Chaffey, de Newbury au Royaume-Uni

    Minions Collective à la Central Saint Martins

    La robe excentrique d’Haruna Yamato, du Japon

     

     Yellow is the new black


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  • La collection du scandale à la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent

    PAR :  Alice CHERRY

     

    EXPOSITION Yves Saint Laurent 1971 Du 19/03/2015 au 19/07/2015

    Tarif : 5 pour les étudiants

    L’exposition revient sur la fameuse collection haute couture printemps-été de 1971 inspirée des années 40.

    Au début, les croquis avec échantillons de matières, les fiches techniques et les pièces vestimentaires qui nous sont présentés, nous plongent au sein des ateliers. Nous découvrons alors les modèles assez éclectiques qui composent la saison. La collection commence par des tailleurs pantalons épaulés sobres et stricts. Arrivent ensuite des vestes de lainage dont les ganses contrastées font ressortir les « pointes » du col tailleur et des épaules. Les robes et blouses fluides attestent de la richesse des imprimés sur crêpe de chine ou mousseline transparente de la maison Abraham par le dessinateur textile André Barrieu. Un ensemble du soir en velours noir attire particulièrement l’attention. Ses broderies de bouches rouges très sexy (dont l’une tient une cigarette), font penser aux artistes du courant artistique Pop Art ou encore aux broches surréalistes, « lèvres rouges baiser », de la maison Schiaparelli. Le très célèbre renard vert au volume aguicheur tient lieu de mini robe exubérante. Enfin, les Raymonde et Séville compensées en cuir vernis noir viennent accessoiriser les tenues au côté des bijoux d’or-galvanique de Claude Lalanne et des turbans.

     

    EXPOSITION Yves Saint Laurent 1971

    EXPOSITION Yves Saint Laurent 1971

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Un document d’archive vidéo nous ramène le 29 janvier 1971 lors du défilé. C’est dans l’intimité des salons de la rue Spontini, dans un décor dépourvu de théâtralité, sans musique et dans une ambiance lourde que le scandale éclata. Alors que dans la salle certains s’endorment, les riches clientes et journalistes qui considéraient le créateur comme l’héritier de la Grande Couture semblent outrées à la vue des associations sulfureuses et provocatrices que portent les mannequins sur-maquillés. Dans la salle, Paloma Picasso qui a inspirée la collection, porte un manteau de satin jaune vif et un turban. Les journalistes diront d’elle: « Qui est cette fille qui s’habille « de puces » pour aller au défilé Saint Laurent ! ». Cette phrase illustre parfaitement la rupture qui s’est faite à ce moment-là entre les clientes bourgeoises qui avaient vécu l’Occupation et leurs filles de 20 ans qui voient le neuf comme quelque chose de ringard et préfèrent se vêtir aux puces de Saint-Ouen. Les remarques injurieuses fusent dans la presse française et américaine des suites du défilé. La très influente Eugenia Sheppard, rédigea dans le Herald Tribune: "Saint Laurent, vraiment hideux". Yves Saint Laurent s’est affranchi de la Haute Couture classique, prude et élitiste et en a fait un terrain d’expérimentations et de prise de risques. Il brise ainsi les frontières entre prêt-à-porter et Haute Couture et met en évidence l’intérêt des jeunes femmes pour les modes rétro, depuis cette époque et encore de nos jours avec le Vintage. D’ailleurs, si cette collection haute couture fût un échec commercial, sa déclinaison prêt-à-porter Rive Gauche s’est très bien vendue.  

     

    EXPOSITION Yves Saint Laurent 1971

    Sandales à talon de la collection Yves Saint Laurent Haute Couture printemps-été 1971. 

    Pour vous documenter autour de l’exposition, voici une interview d’Olivier Saillard, le commissaire d’exposition. 

     

    EXPOSITION Yves Saint Laurent 1971 EXPOSITION Yves Saint Laurent 1971  


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    Mode d’ici, créateurs d’ailleurs au Musée de l’Histoire de l’Immigration

    PAR :  Alice CHERRY 

    EXPOSTION : Fashion Mix  Mode d’ici, créateurs d’ailleurs au Musée de l’Histoire de l’ImmigrationDu 9/12/2014 au 28/06/2015

    Tarif : gratuit pour les moins de 26 ans et pour tous le premier dimanche du mois

     

    Classés par pays d’origines, les créateurs et artisans de tous horizons, ont tous travaillé à Paris et écrit l’histoire de la mode française, de la fin du XIXème siècle à nos jours.

    Les différents « pôles », qui juxtaposent des pièces de créateurs de même origine, permettent d’observer et d’analyser les similitudes et les distinctions qui émanent de leur travail. Les anglais Vivienne Westwood et John Galliano, se réfèrent de manière récurrente à l’histoire du costume et mélangent cela à une extravagance sexy et rebelle qui semble représentative de l’Angleterre.

    Chacun apporte les techniques, couleurs et formes de son pays et enrichit ainsi la Haute Couture française, comme Cristobal Balenciaga en amenant ses volumes démesurés et ses couleurs flamboyantes aux inspirations hispaniques. Six broderies de la maison russe Kitmir, entre 1922 et 1928, sont présentées et témoignent du savoir-faire des artisans brodeurs de l’est de l’Europe. 

    D’autre part, il y a des interactions entre créateurs d’origines différentes. Le fameux Pleats Please d’Issey Miyake, que l’on retrouve sur une robe multicolore de l’exposition, n’est pas sans rappeler les plissés de l’espagnol Mariano Fortuny figurant également dans Fashion Mix. La japonaise Rei Kawakubo collabore avec Oyama Ricardo Isumi, un artiste italo-japonais, qui apporte un peu de son histoire à la robe tags.

     

    EXPOSTION : Fashion Mix  Mode d’ici, créateurs d’ailleurs au Musée de l’Histoire de l’Immigration

     

    D’autre part, certain des créateurs choisis, ont révolutionné le rapport à la mode en remettant en question les concepts établis. Certaines pièces emblématiques de ces nouvelles réflexions nous sont présentées, comme les célèbres robes de l’espagnol Paco Rabanne. Ce dernier a remis en cause dès le début des années 1960 la définition du vêtement purement textile avec assemblage par couture, en fabriquant des vêtements constitués des pièces métalliques ou plastiques, fixées les unes aux autres par des rivets. D’autres encore, comme les japonais Issey Miyake et Yohji Yamamoto ont littéralement fait scandale en présentant des pièces aux formes aléatoires, comme inachevées, faisant réfléchir sur la visée conceptuelle du vêtement et lui conférant une dimension plastique, presque sculpturale.

    Enfin, sont exposés, des documents incroyables et incongrus comme la demande de nationalisation de l’italienne Elsa Schiaparelli en 1921.  ß-

    EXPOSTION : Fashion Mix  Mode d’ici, créateurs d’ailleurs au Musée de l’Histoire de l’Immigration

     

    Pour vous documenter autour de l’exposition, voici une interview d’Alexandre Samson, responsable des recherches au Palais Galliera.  

    EXPOSTION : Fashion Mix  Mode d’ici, créateurs d’ailleurs au Musée de l’Histoire de l’Immigration


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    Cité internationale de la dentelle et de la mode de Calais

      

    PAR: Cécile CLAUDEL 

     

    BALENCIAGA MAGICIEN DE LA DENTELLEDu samedi 18 avril au lundi 31 août 2015

    Cité internationale de la dentelle et de la mode de Calais

    C’est pour célébrer les 120 ans de la naissance de Cristobal Balenciaga que la Cité Internationale de la dentelle et de la mode de Calais lui consacre une exposition. Elle y réunit des pièces françaises mais également de nombreuses tenues faites dans ses trois maisons espagnoles à Saint-Sebastien, Madrid et Barcelone. Près de 75 robes, accessoires et croquis y présentent le travail d'exception du couturier sur la dentelle.

     

    Le créateur espagnol apprit la couture des mains de sa mère qui travaillait pour les familles influentes de la région. C’est grâce au goût exquis de la marquise de Casa Torres et de sa magnifique garde-robe qu’il découvrit le monde du raffinement qui caractérise si bien les élites culturelles européennes.

     

    Il voue une véritable passion pour la dentelle, à laquelle il consacre toute sa vie. En détails, en accessoires ou en empiècements plus importants, il l’utilise sous toutes ses formes et en jouant sur les motifs, les couleurs mais aussi sur les utilisations : robes de cocktails, blouses, étoles, … Balenciaga a exploré toutes les manières d’employer la dentelle et en a magnifié les caractéristiques.

     

    BALENCIAGA MAGICIEN DE LA DENTELLE

    BALENCIAGA MAGICIEN DE LA DENTELLEBALENCIAGA MAGICIEN DE LA DENTELLEBALENCIAGA MAGICIEN DE LA DENTELLE

    BALENCIAGA MAGICIEN DE LA DENTELLE

     BALENCIAGA MAGICIEN DE LA DENTELLEBALENCIAGA MAGICIEN DE LA DENTELLEBALENCIAGA MAGICIEN DE LA DENTELLE 

    Il habille les têtes couronnées d’Europe et les élégantes du Paris d’après-guerre avec ses robes sac, baby doll ou à dos basculé.

    Pour certains modèles datés entre 1950 et 1960, plusieurs mannequins ont dû être spécialement créés sur mesure pour correspondre au mieux aux courbes de l'époque et mettre en valeur les tenues exposées.

    Coupe magistrale, sens des couleurs, théâtralité, perfection du travail, l’exposition dévoile les grandes caractéristiques de l’art du couturier saluées dès sa première collection parisienne en 1937.

    Cette exposition rappelle aussi le nom des fabricants de dentelle tels que Marescot, Dognin, Brivet, et permet de redécouvrir des matériaux oubliés comme la dentelle de laine ou des techniques telles les créponnées. Comme le montrent aussi des échantillons de dentelle, les motifs étaient fréquemment peints à la main, ou rebrodés par de célèbres maisons telles que Lesage et Rébé. Quant aux tulles, dentelles sans motifs, ils pouvaient être brodés, imitant les points d’Angleterre, ou ornés de rubans de gazar simulant les dessins de la dentelle.


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  • Galerie de Photographies : Qu’est-ce-que la photographie ?Au Centre Pompidou

    4 mars 2015 – 1er juin 2015

    « La première question posée dans cette exposition est Que reste-t-il lorsque tout a déjà été photographié? »

    Par : Justine Sevat

    Lorsque des décennies d’enregistrements photographiques semblent avoir épuisé tous les sujets, l'ensemble des mises en scène imaginables et la totalité des angles de vues possibles ? Que reste-t-il lorsque le réel semble exténué à force d'avoir été dupliqué? Il reste la photographie.

    Cette exposition en entrée libre du 4 mars au 1er juin 2015 à Beaubourg nous fait l'éloge de cet art très longtemps non considéré comme tel. 

    Le centre Pompidou a choisi alors de nous exposer le sujet de toutes ses interrogations à travers 80 œuvres et documents, traversant à la fois l'histoire de la photographie et les œuvres de grandes figures de l'art moderne et contemporain.

     

    Depuis les années 1920, les artistes questionnent le médium photographique lui-même pour tenter de comprendre sa qualité ou sa spécificité. Les artistes du pop art, de l'art conceptuel et du postmodernisme ont poussé plus loin cette interrogation de la photographie elle-même. Des années 1920 jusqu'au début du 21ème siècle, de Man Ray à Jeff Wall, en passant par Ugo Mulas, l'exposition réunit de nombreuses œuvres de ces artistes qui ont toutes en commun de poser la même question : "Qu'est-ce-que la photographie?"

    Pendant près d’un siècle, artistes et théoriciens ont tenté de définir l’ontologie du médium photographique, c’est-à-dire son essence même. La diversité tant formelle que conceptuelle des œuvres montrées dans l’exposition témoigne qu’à la question « Qu’est-ce que la photographie ? », on ne peut apporter une unique réponse.

    Ainsi, derrière un titre qui fait mine de s'inscrire dans la tradition des tentatives de définitions de la photographie, l'exposition en propose plusieurs.

     

    Galerie de Photographies : Qu’est-ce-que la photographie ?


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    EXPOSITION : Jeanne LanvinAu Palais Galliera du 8 mars au 23 août 

    PAR : Typhaine BEHIER 

    Le Palais Galliera présente du 8 mars au 23 août 2015, la première rétrospective parisienne consacrée à l’une des plus grandes figures de la Haute Couture, Jeanne Lanvin. Celle-ci a été réalisée en étroite collaboration avec Alber Elbaz, l’actuel directeur artistique de la maison mais aussi avec le mécénat de Swarovski. En effet, pour cette maison il était important de soutenir les projets permettant de mettre en lumière un patrimoine exceptionnel. La maison Lanvin apparaît alors comme une évidence car dès 1920, la créatrice brodait des cristaux sur ses robes du soir.

     

    Cette exposition présente une centaine de modèles provenant des fonds du Palais Galliera et de la maison Lanvin. Cette maison iconique est la plus ancienne maison de couture encore en activité aujourd’hui. Nous pouvons également y voir des dessins, des croquis, des cahiers de dessins, des lettres, des photographies et des vidéos. Nous pouvons également admirer des flacons de parfums. Cela permet de se rendre compte que tous les codes constituant une maison de couture sont en place chez Jeanne Lanvin dès le début du xxe siècle.  Sa fille était omniprésente dans sa vie et nous le percevons dans cette exposition. Elle avait un rôle de muse très important.

    Alber Elbaz ne souhaitait pas suivre un parcours chronologique mais un parcours « ressentie, aimer, admirer, touche le coeur des visiteurs avec la beauté de ces vêtements et finir l'exposition comme sur un petit nuage". Le but de l’exposition n’est pas de « savoir » mais de « sentir » Jeanne Lanvin. Le directeur artistique joue sur la présence des miroirs afin d’admirer les robes sous toutes les coutures. Cela nous permet d’en analyser chaque détail, comme les coutures, les rubans, les broderies, etc.

    EXPOSITION : Jeanne Lanvin

    EXPOSITION : Jeanne Lanvin

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Les vêtements semblent légers. Nous retrouvons les styles grecs conique et dorique. En effet, Jeanne Lanvin aimait travailler plus particulièrement les épaules et les hanches dans ses créations, notamment par la broderie. Les formes sont voluptueuses. Ses créations sont hors du temps. La créatrice joue des contrastes entre le classicisme français avec des robes d’inspirations xviiie et de l’Art Déco. De plus, elles sont d’un grand modernisme et inspirent les créateurs d’aujourd’hui. L’esprit de Jeanne Lanvin résonnera encore longtemps dans celui des créateurs contemporains.

    EXPOSITION : Jeanne Lanvin

     

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    PAR :  Alice CHERRY

     

    Albert Elbaz et Olivier Saillard, le directeur du Palais Galliera, ont réuni les fonds du musée de la mode et les archives de la maison Lanvin pour raconter son histoire du temps de sa créatrice et donner à voir le style et l’identité créé par Jeanne Lanvin.

    Au début simple apprentie coursier chez un modiste, celle que l’on surnommait alors « l’omnibus » à cause de sa rapidité remarquable, a fondé à 22 ans seulement la plus ancienne maison de couture française qui perdure encore aujourd’hui. Après avoir ouvert sa boutique de chapeaux, c’est la naissance de sa fille unique Marguerite qui l’a décide à  dessiner et confectionner des robes, d’abord pour petites filles, puis très vite pour femmes. Sa fille restera toujours pour elle la première inspiratrice de son travail. Cet amour fusionnel donnera notamment naissance à l’emblème de la maison, reprenant la mère et la fille, dessiné par Paul Iribe. La maison Lanvin connaîtra une réussite et une notoriété pratiquement immédiate et comptera dès 1914, milles ouvrières et trois ateliers de broderie. Plus qu’une maison, Jeanne Lanvin a bâti un univers complet, cohérent et singulier en créant différents départements (petite fille, mode femme, mode homme, chapeaux, lingerie, fourrure…), mais aussi en pensant avec l’aide d’Albert Armand, le décor de ses boutiques, style Art déco et en utilisant de manière pérenne ce fameux bleu Quattrocento, jusqu’à ses cartons d’invitation aux défilés. Sophie Grossiord, conservatrice générale au Palais Galliéra explique :

    «  tout ce qui constitue une maison aujourd’hui et déjà en place chez Jeanne Lanvin très au début du siècle ». En effet, « Lanvin Décoration » naîtra en 1920 et la ligne « Lanvin parfums » en 1925.  

    De ses voyages et de son amour pour l’art (l’impressionnisme mais aussi la Renaissance italienne, notamment Fra Angelico, dont elle réinterprète les tuniques bleues des Anges), elle a tiré un répertoire de luxuriantes broderies orientalistes, d’applications textiles audacieuses et de nuances profondes, tout à fait particulier. Ce « mix and match » de détails d’ornements est focalisés sur des points précis (manches, taille, épaules, poignets, poches...) et mêlé à des formes le plus souvent sobres et longilignes. Les robes de styles aux formes XVIIIème, qui reprennent la géométrie et le graphisme qui signe le style et l’époque de la créatrice, ont un succès incroyable, et seront portées par des actrices comme Cécile Sorel et Yvonne Printemps. Jeanne Lanvin collaborera également avec le monde du spectacle, qu’elle affectionnait, en élaborant les costumes du film « Les enfants du Paradis » de Marcel Carné en 1945, puis ceux des pièces de Sacha Guitry. Ses créations disent de Jeanne Lanvin, qu’elle était une femme extrêmement rigoureuse et méticuleuse, dont le travail, le goût et la compréhension du monde moderne, a permis de créer l’élégance à la française des années folles 

    EXPOSITION : Jeanne Lanvin

     Images: www.bullesdemode.com 

    EXPOSITION : Jeanne Lanvin

      

    Pour vous documenter autour de l’exposition, voici une vidéo de Jeanne Lanvin dans les ateliers, une interview d’ Olivier Saillard ainsi qu’une explication de Sophie Grossiord

    EXPOSITION : Jeanne Lanvin

    EXPOSITION : Jeanne Lanvin

     


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